24 février 2006
Samir Kassir: Une révolution inachevée
Samir Kassir, né en 1960 à Beyrouth et assassiné le 2 juin 2005 dans un attentat à la voiture piégée, était un historien
et journaliste libanais
Jeunesse
Né d’un père d'origine palestinienne et d'une mère d'origine syrienne, Samir Kassir grandit au Liban. Comme tant d'autres compatriotes, il part pour Paris pour y poursuivre ses études à la Sorbonne d'où il obtient en 1984 deux diplômes en philosophie et philosophie politique. En 1990, il obtient de la même université, un doctorat en histoire moderne, pour rejoindre plus tard le département d'études politiques de l'Université Saint-Joseph de Beyrouth en tant que chargé de cours.
Carrière de journaliste
De retour à Beyrouth, il entame une carrière au sein de plusieurs journaux et périodiques, dont An Nahar, principal quotidien libanais, L'Orient-Le Jour, quotidien beyrouthin francophone, Al Hayat, journal panarabe basé à Londres et Le Monde diplomatique. Il est aussi le rédacteur en chef du mensuel francophone L'Orient-Express, qui introduit une impertinence, une liberté de ton et une modernité inédites dans la presse libanaise. Composé de jeunes journalistes, d'étudiants, de politologues et de vieux routiers de l'imbroglio libanais, L'Orient-Express s'amuse à bousculer l'hypocrisie d'une reconstruction fondée sur l'amnésie. Ce mensuel novateur et impertinent déclenche l'ire de l'establishment libanais comme étranger ainsi que le retrait progressif des régies publicitaires devant la baisse des ventes et cesse de paraître en 1998À partir du milieu des années 1990, Kassir devient particulièrement connu pour son éditorial hebdomadaire dans An Nahar qui paraît chaque vendredi. Il est parmi les premiers à déclarer ouvertement son opposition à l'hégémonie du régime syrien sur le Liban à travers ses éditoriaux et ses débats publics. De plus, à la différence des nationalistes libanais, il lance un grand débat au sujet de la démocratie et de la liberté, non seulement au
Liban, mais également en Syrie et dans le reste du monde arabe. Néanmoins, ses positions ne font pas de lui un nationaliste. Appartenant à une école de pensée internationaliste de gauche, il s'oppose au nationalisme chauvin, aux dictatures et à la répression. Il souhaite un Liban indépendant, libre et souverain qui maintenant la démocratie et la laïcité. Il travaille également pour TV5 et fait quelques apparitions dans l'émission hebdomadaire Kiosque.
Révolution du cèdre
A l'apogée de la Révolution la Syrie la Ligue arabe et à l'accord de Taef
Sur les questions intérieures, Kassir n'épargne aucun dirigeant. Il trouve ainsi inacceptable que Michel Aoun essaye de monopoliser ce que lui-même percevait comme le résultat d'un processus auquel ont contribué les Libanais dans leur ensemble.
Homme politique
Kassir est membre du Mouvement de la gauche démocratique dont il est un co-fondateur. Ce groupement fondé à Beyrouth en novembre 2004, est selon lui une nécessité et lui et ses co-fondateurs insistent sur le fait que leur expérience n'est pas une prolongation de celle du Parti communiste libanais mais plutôt une initiative nouvelle. Il se rend compte que la gauche au Liban a survécu à deux expériences amères : l'échec au sein du Mouvement national qui s'acheve après 1990 par une marginalisation complète par les Syriens, et la chute de l'Union soviétique qui affecte la gauche dans son ensemble. Il croit cependant, que malgré ces épreuves, le Liban continue à offrir des opportunités favorables à l'action des partis politiques.
Assassinat
Le 2 juin 2005, au volant de sa voiture, parquée devant l'immeuble où il habite à Ashrafieh, quartier résidentiel de Beyrouth, il a à peine fait quelques mètres sur son chemin le menant à son journal, qu'une charge explosive, installée sous son siège, explose et le tue immédiatement.Son assassinat s'inscrit dans la série qui voit la disparition de personnalités politiques libanaises telles que Rafiq Hariri et Georges Haoui. Il porte à 28 le nombre de journalistes victimes jusqu'ici d'attentats depuis la pendaison par les Ottomans, en 1918, de plusieurs journalistes et activistes libanais et syriens ayant œuvré pour l'indépendance de leur pays. Sa mort provoque une profonde indignation et une vaste condamnation au Liban et de part le monde. Tandis que ses amis et partisans, à Beyrouth, Washington et Paris, manifestent, bougies à la main, pour lui rendre hommage, le Conseil de sécurité se réunit, selon une démarche inhabituelle, pour condamner cet assassinat.
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Condamnation de la Francophonie
Abdou Diouf, Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie la Francophonie la Francophonie
Monsieur Abdou Diouf a condamné avec vigueur cet acte de violence inadmissible qui a coûté la vie à un ardent défenseur de l’indépendance de la presse au Liban.
Lire le communiqué de presse :Communiqu__de_presse.pdf
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Héritage
À 45 ans, il laisse derrière lui son épouse Giselle et ses deux filles Mayssa et Liana ses camarades et ses amis ont juré de maintenir sa mémoire vivante et de poursuivre le chemin qu'il a emprunté pour instaurer la démocratie, la laïcité et l'égalité sociale au Liban et dans le monde arabe.Il était un exemple parfait du bi-culturalisme libanais, maniant aussi bien la plume en arabe qu'en français, ardent défenseur de la cause palestinienne et d'une véritable démocratieIl est le co-auteur de Itinéraire de Paris à Jérusalem qui est publié en 1992. Il publie La guerre du Liban (1994), L'histoire de Beyrouth (2003) et deux livres en arabe La démocratie syrienne et l'indépendance du Liban (2004) ainsi que Militaire contre qui ? (2004). Il est également l'auteur de Considération sur le malheur arabe et était en train de terminer Beyrouth, le printemps inachevé
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LE LIBAN, UNE VUE GLOBALE
LIBAN JUMHURIYAH-AL-LUBNANIY
Capitale: Beyrouth
Population: 3,5 millions (est. 2004)
Langue officielle: arabe (de jure)
Groupe majoritaire: arabe libanais ou leventin du Nord (93,7 %)
Groupes minoritaires: kurde kurmanji (4,9 %), arménien (4,9 %), arabe syrien (2,5 %), arabe égyptien (1,7 %), chaldéen néo-araméen (0,5 %), français (0,4 %), arabe irakien (0,3 %), espagnol (0,3 %), araméen (0,1 ), anglais (0,1 %), grec, italien, turc, portugais et assyrien néo-araméen
Système politique: république parlementaire
Articles constitutionnels (langue): art 11 de la Constitution
Lois linguistiques: décrets nos 9099 et 9100 du 8 janvier 1968; décrets nos 2150 et 2151 du 6 novembre 1971; Plan de restructuration du système éducatif de 1994.
1. Situation géographique
La république du Liban est un petit pays de 10 400 km², soit l’équivalent d’une surface trois fois moindre que celle de la Belgique 250 km 40 km 70 km la Syrie la Méditerranée.Le la Syrie la Békaa. Le la Montagne. La
2. Données démolinguistiques
Toute donnée d’ordre démographique sur le Liban reste relativement aléatoire. L’imprécision des estimations d’ordre démographique s’explique par l’absence de tout recensement depuis la fin du mandat français (1920-1946), du fait que les résultats auraient des implications sur le partage politique du pouvoir. Les autorités libanaises ont préféré s’en tenir au statu quo plutôt que de susciter de nouveaux conflits. Le dernier recensement officiel au Liban date de 1932, sous le mandat français. C’est sur la base des résultats de cet ancien recensement que fut effectué le partage du pouvoir entre les différentes communautés en 1943 et que furent distribués les postes dans la fonction publique. Depuis cette époque, la répartition des principales responsabilités politiques et administratives se fait entre les six grandes communautés confessionnelles : les maronites, les grecs-orthodoxes, les grecs-catholiques, les sunnites, les chiites et les druzes. Avec ce système des «quotas», chacune des six grandes communautés détenait un droit de veto implicite en cas de désaccord. Rien n'était prévu pour adapter le système à l'évolution démographique.
Cependant, en octobre 1996, le ministère des Affaires sociales a publié les résultats du premier recensement depuis 1932. Le Liban avait en 1996 une population de 3,1 millions d’habitants, sans compter les 200 000 à 300 000 réfugiés palestiniens. Puis, d'après une étude statistique de 1997 sur les conditions de vie des ménages, les autorités libanaises estimèrent à quatre millions le nombre d'habitants au Liban, dont 350 000 réfugiés palestiniens. La population du pays comporterait environ 85 % de Libanais, 12 % de Palestiniens et 3 % de Syriens. Les Arméniens et les Kurdes résidant au Liban sont, dans leur immense majorité, de nationalité libanaise. Notons enfin qu'environ 13 millions de ressortissants d'origine libanaise vivraient à l'étranger.
2.1 Les communautés ethniques
Les groupes ethniques sont au nombre de 22 (au moins). Les communautés d'origine du Liban sont les Arabes libanais (70,1 %), les Druzes (10,1 %), les Arméniens (4,9 %), les Alawites (2,8 %), les Chaldéens (0,5 %), les Araméens (0,1 %), les Assyriens (0,0 %) et les Juifs (0,0 %). Tous les autres sont des communautés immigrantes: Palestiniens, Égyptiens, Syriens, Français, Irakiens, Américains, Kurdes, Turcs, etc. Si plusieurs communautés parlent une langue propre, d'autres partagent la même langue.
2.2 Les langues en présence
Le Liban est un pays très homogène sur le plan linguistique. En effet, 98 % de la population parle l’arabe ou l'une de ses variétés. La majorité de la population parle l'arabe leventin du Nord, appelé aussi arabe libanais ou arabe syro-libanais: 93,7 %. Cependant, l'appellation «syro-libanais» pour désigner l'arabe libanais peut choquer certains Libanais en raison de la situation politique tendue avec la Syrie. Cette la Commission
2.3 Les clivages religieux
Le Liban est un pays multiconfessionnel. Dans cette région du Proche-Orient, le Liban est certainement le pays qui connaît la plus grande diversité religieuse. Les Libanais professent surtout des religions musulmanes et chrétiennes. Mais les communautés confessionnelles sont au nombre d’une vingtaine (officiellement 17), lesquelles disposent d’une existence juridique. Chacune de ces religions relève d’un droit privé spécifique appliqué par des tribunaux religieux; d'ailleurs, sur la carte d'identité d'un Libanais, la religion de celui-ci est inscrite. Chez les musulmans (environ 60 % de la population), on distingue les chiites (35 %), les sunnites (23 %), les druzes (5 %) et les alaouites (1 %).
Chrétiens catholiques |
Chrétiens non catholiques |
Musulmans |
Maronites |
Grecs orthodoxes |
Sunnites |
Presque tous les autres Libanais sont des chrétiens, dont approximativement 24 % de maronites, 13 % de grecs-orthodoxes, d’arméniens-orthodoxes (3 %) et d’autres communautés plus faiblement représentées, telles que les syriens-orthodoxes (jacobites), les syriens-catholiques (syriaques), les chaldéens-catholiques, les chaldéens-orthodoxes (nestoriens), les catholiques-latins directement rattachés à Rome, etc. On compterait moins d’une centaine de juifs (à Beyrouth). Il y aurait aussi une toute petite communauté de coptes; ce sont des Égyptiens installés au Liban, mais ils n'ont pas de paroisse. Le tableau qui suit donne une idée du caractère multiconfessionnel des Libanais. Le territoire libanais correspond à l'appartenance communautaire; on parle au Liban de «cantonisation». On peut visualiser avec plus de précision une carte représentant sur le territoire la répartition des communautés confessionnelles. Les maronites sont surtout rassemblés dans Beyrouth-Est et au nord de la route qui mène à Damas; les druzes sont majoritaires dans le sud du Mont-Liban et dans l'Anti-Liban. Les sunnites sont concentrés dans le nord du pays et dans les grandes villes du littoral, qui regroupent aussi les grecs-orthodoxes. La population chiite, nombreuse dans la banlieue de Beyrouth et au sud du Mont-Liban, se concentre également dans le nord de la plaine de la Békaa.
2.4 Les Libanais «hors du Liban»
L'émigration libanaise a toujours joué un très grand rôle. Les émigrés, deux fois plus nombreux que les Libanais vivant au pays, constituent une véritable diaspora, qui conserve des liens avec son pays d'origine. Au début du XIXe siècle apparut un premier courant migratoire orienté vers les villes égyptiennes. Ce flux s’est poursuivi dans la première moitié du XXe siècle. La deuxième vague fut plus importante et demeura essentiellement chrétienne: selon diverses estimations, de 400 000 à 800 000 Libanais auraient définitivement quitté leur pays pour le continent américain entre 1850 et 1950. Avec leur descendance, ils seraient aujourd'hui plusieurs millions. À la fin du XIXe siècle, il se développa une troisième vague d'émigration, surtout chiite et dirigée vers l'Afrique noire française. Lors de la décolonisation des années soixante, la plupart des Libanais d'Afrique rentrèrent dans leur pays d'origine, favorisant ainsi l'émergence d'une classe moyenne au sein de la communauté chiite.Depuis 1950, les migrations s’avèrent définitives vers le Canada et l'Australie, mais demeurent temporaires dans les pays arabes de la région du Golfe (Arabie Saoudite et Émirats arabes unis). Ces mouvements connaissent une ampleur considérable à partir de 1975 et concernent toutes les communautés, toutes les classes sociales et toutes les régions libanaises. Rappelons qu'environ 13 millions de ressortissants libanais vivraient à l'étranger, dont 10,7 millions en Amérique du Sud et en Amérique du Nord, 1,2 million en Afrique, 400 000 en Europe, 400 000 dans les pays arabes et 300 000 en Australie.
3 Données historiques
De par sa position géopolitique, le Liban a toujours été au carrefour de trois continents et le passage obligé entre l'Occident et le monde arabe, bénéficiant au surplus d'un accès vers l'Asie centrale et la Russie. Par la Méditerranée. Le la Phénicie la Phénicie la Provincia Syria. la Provincia Syria
3.1 La conquête arabe
En 628, les Arabes envahirent la région et, après la défaite byzantine à la bataille de Yarmouk en 636, les villes de la côte libanaise tombèrent entre les mains des musulmans, qui placèrent la «province» sous leur autorité. Par suite de la conquête arabe, la population se modifia considérablement, car des Arabes, des Perses et des Juifs entrèrent dans le pays. Dès lors, les chrétiens durent côtoyer les musulmans sunnites. La conquête musulmane de 636 réduisit progressivement les chrétiens du Proche-Orient à une minorité. En revanche, les maronites réussirent à conserver une certaine autonomie en raison de leurs liens avec Byzance, avec l'Occident et avec les autres minorités du Mont-Liban. Mais les querelles religieuses déchirèrent les populations, qui se divisèrent en sectes. C'est à cette époque que commencèrent à s'opposer les différentes communautés confessionnelles. La montagne servit de refuge, d’abord pour les maronites (au VIIIe siècle), puis pour les chiites (IXe siècle) et enfin les druzes (XIe siècle) chassés d’Égypte. La plupart de ces communautés formèrent des minorités (maronites, chiites, druzes, etc.), ce qui en fit très tôt un pays multiconfessionnel, surtout avec l’intégration du pays dans l’Empire byzantin (l’Église orthodoxe), puis dans l’Empire arabe (musulmans). Au milieu du XIe siècle, le grand schisme d'Orient divisa le monde chrétien en deux grandes communautés: les catholiques romains et les orthodoxes. À partir de ce moment, les chrétiens qui restèrent attachés à Rome furent appelés «catholiques latins», et ceux de l'Église d'Orient furent appelés «orthodoxes». C'est ainsi que le Liban s'enrichit encore d'une autre communauté religieuse.
3.2 Le Moyen Âge
Lors des croisades (1090-1300), les Francs s’emparèrent de l’Orient et Jérusalem tomba entre leurs mains en 1090, puis Tripoli en 1109, Beyrouth et Sidon en 1110. Le Liban resta deux siècles sous la domination franque, c’est-à-dire jusqu’en 1289 (lors de la capitulation de Tripoli). Ensuite, les autres villes libanaises passèrent sous l’autorité des mamelouks (milices arabes), qui gouvernèrent la région pendant deux siècles et demi, de la fin du XIIIe siècle jusqu’en 1516, soit lors de l’arrivée des Ottomans. Pour fuir les mamelouks, de nombreux maronites trouvèrent asile dans la haute montagne libanaise ainsi qu’à l’île de Chypre. À partir de ce moment, la domination ottomane ouvrit une nouvelle période, car les Turcs accordèrent une autonomie aux Libanais au prix d’un tribut. Mais ce fut une période politiquement instable au cours de laquelle les maronites, les druzes et les chiites entrèrent en conflit les uns contre les autres. Les druzes réussirent à contrôler le pays durant deux siècles, ce qui favorisa les affrontements violents avec les maronites. Au cours de la période ottomane, spécialement à partir du XVIIIe siècle, le Liban accueillit plusieurs minorités fuyant la persécution: des Grecs et des Syriaques catholiques y trouvèrent non seulement un gîte pour leurs communautés naissantes, mais des couvents pour leurs moines et un siège pour chacun de leurs patriarcats récemment créés.
3.3 L’intervention de la France
Au milieu du XIXe siècle, la France la Grande-Bretagne la France la Première Guerre la Békaa la Déclaration la Société la SDN la France la Déclaration la Syrie la Méditerranée.
3.4 L’indépendance
Le Liban accéda définitivement à l'indépendance en 1943. Pendant plusieurs décennies, le pays avait adopté deux langues officielles: l’arabe et le français. Mais les nouveaux dirigeants s'empressèrent d'adopter les modifications constitutionnelles qui affirmèrent le statut souverain du Liban et abolirent le français comme «deuxième langue officielle». Le Liban accueillit les Palestiniens chassés d’Israël après 1948. Ces derniers se sont installés dans des camps de réfugiés et fournirent la main-d'oeuvre nécessaire au cours de la période de prospérité économique. Suite à l'instauration dans les pays arabes des régimes dits révolutionnaires ou socialistes, le Liban vit arriver l’une des dernières grandes vagues des minorités devenues indésirables dans leur propre pays: les Assyriens, les Syriaques et les chaldéens d'Irak, les alaouites de Syrie, les chrétiens d'Égypte, etc. Après la guerre israélo-arabe de 1967, d’autres réfugiés palestiniens affluèrent en masse. Au lendemain des affrontements de 1970, l la Palestine la Syrie
3.5 La guerre civile de 1975-1989
La guerre civile fut déclenchée le 23 avril 1975 et opposa d’abord les phalanges chrétiennes et les Palestiniens, puis, à partir du mois d’août, les milices islamo-progressistes alliées aux Palestiniens. Une première intervention syrienne en 1976 tenta de contenir les Palestiniens. En 1978, Israël s'installa dans le Sud, mais son armée dut céder la place à une force d'interposition des Nations unies (FINUL). Restant sur place jusqu'en 1984, cette dernière ne put empêcher la nouvelle intervention israélienne de 1982 (opération «Paix en Galilée»), au cours de laquelle Beyrouth fut assiégée et l'OLP décimée. La Syrie la Syrie la Syrie la Syrie
4. La politique linguistique
Selon la Constitution la République la Chambre la République la Chambre la Constitution
- L’enseignement
Il n’y a pas de véritable loi scolaire au Liban. Les programmes de l’éducation sont régis par les décrets nos 9099 et 9100 du 8 janvier 1968 et nos 2150 et 2151 du 6 novembre 1971. Les accords de Taëf de 1989 servent également de référence écrite pour définir les options pédagogiques générales. Afin de faire face au vide juridique, le Conseil des ministre a adopté, le 17 août 1994, le Plan de restructuration du système éducatif. Depuis 1996, la loi impose dans les écoles publiques une répartition à part égale entre les heures accordées à la langue officielle (arabe) et à la langue étrangère (français). Le Liban affiche l’un des plus hauts d’alphabétisation dans le monde arabe: plus de 91 % des Libanais sont scolarisés, alors que l’école n’est pas toujours gratuite et que l’on compte un système public et un système privé. Rappelons que l'article 10 de la Constitution la Mission la Lebanese American la Beyrouth American
- Les médias
Le secteur des médias libanais est l'un des rares en pleine phase de croissance. Toutes les sociétés de ce secteur participent pour une part importante de l'économie libanaise. Ce climat est favorisé par le fait que le Liban constitue un espace politique et culturel libre, surtout lorsqu'on le compare aux autres pays de la région.
On compte au Liban 13 quotidiens (11 journaux en arabe, deux en français et un autre anglais) et 1500 périodiques de toutes les catégories. An Nahar (80 000 exemplaires) est de loin le leader arabophone sur le marché libanais; les autres quotidiens importants sont le Al-Anwar (75 000 ex.), le Al-Liwa (75 000 ex.) et le As-Safir (50 000 ex.). L'Orient-Le Jour (20 000 ex.) est le plus important quotidien francophone au Liban; il n'a jamais cesser ses activités, même durant la guerre civile, alors que l'impression se faisait à Paris. Il est suivi du journal Le Soir (15 000 ex.). Depuis octobre 1999, le journal français Le Monde a commencé à publier une édition hebdomadaire «Proche-Orient» diffusé au Liban. Le quotidien anglophone The Daily Star (10 000 ex.) avec la collaboration de The International Herald Tribune, distribue une édition dans 13 pays au Proche-Orient; le International Herald Tribune est responsable d'une section internationale, alors que The Daily Star assure une couverture des événements locaux et régionaux.Outre les très nombreux magazines arabophones, il existe aussi un certain nombre de revues publiées en français et en anglais: La revue du Liban, Chroniques, Femme Magazine, Magazine, The Beirut Times Weekly, The Beirut News, Al-Hawadeth (anglais), The Arab Week, etc.Pendant la guerre civile, les stations de radio étaient contrôlées presque exclusivement par les milices militaires. Aujourd’hui, il existe des stations publiques et des stations privées totalement libres. La plupart des stations sont diffusées en arabe libanais, parfois en arabe classique. On compte également des stations diffusant en français: France FM, RFI (Radio France Internationale), Nostalgie FM (50 % en français), Radio Mont-Liban, Voix du Liban (partiellement en français), PAX FM (partiellement en français), RMC Moyen-Orient (partiellement en français); par satellites, les Libanais ont également accès à France Culture, France Info, France Inter, Radio Suisse Romande Internationale.Les quarante stations de télévision existantes durant la guerre civile ont été obligées de mettre un terme à leurs activités en 1994, en raison de la législation sur l’audiovisuel adoptée par le Parlement. On compte au Liban cinq stations télévisées principales diffusant surtout en arabe. La LBCI la NBN la MTV la Future TV la LBCI La MTV
Charif Majdalani l'homme de la Grande maison francophone
Charif Majdalani, (Beyrouth, Liban, 1960), est un écrivain libanais.
Biographie
Auteur Libanais, né à Beyrouth en 1960, Charif Majdalani a quinze ans lorsque éclate la guerre civile. A vingt ans, il part en France et fait ses études de Lettres modernes à l'Université d'Aix-en-Provence. Il y soutient, en 1993, une thèse sur Antonin Artaud. Il revient au Liban la même année. De 1995 à 1998, Charif Majdalani est en charge de la rubrique de critique littéraire à L'Orient-Express. Ce mensuel fondé par Samir Kassir avait introduit une impertinence, une liberté de ton et une modernité inédites dans la presse francophone au Liban. Composé de jeunes journalistes, d'étudiants, de politologues et de vieux routiers de l'imbroglio libanais L'Orient-Express s'amusait à bousculer l'hypocrisie d'une reconstruction fondée sur l'amnésie. Ce mensuel novateur et impertinent devenu en peu de temps le média de langue étrangère le plus intéressant de Beyrouth, provoqua l'ire de l'establishment libanais ainsi que des régies publicitaires. L'Orient-Express a cessé de paraître en 1998.
Depuis 1999, Charif Majdalani dirige le département de Lettres Françaises de l'Université Saint-Joseph de Beyrouth. Adepte du métissage culturel, amoureux du baroque, Charif Majdalani se définit comme "méditerranéen". Il publie son premier livre en 2002, Petit traité des mélanges, du métissage considéré comme un des beaux-arts, et son premier roman en 2005, Histoire de la grande maison où il raconte l’histoire d’une vieille famille orthodoxe de Beyrouth. Cette grande fresque romanesque, foisonnante, amène à parler de l'utilisation de l'histoire, des mythes, de ce Liban traversé par la tradition. La littérature de Charif Majdalani est donc à la fois arabe et française, puisque il est un fin connaisseur de l'une comme de l'autre.
Idées
«Une de mes activités favorites est de chercher des exemples des "mélanges" les plus inattendus ou les moins connus (minarets dans les alpages d'Europe centrale, architecture viennoise du grand souk de Damas, rococo dans l'architecture ottomane tardive). (...) Je collectionne ces petites raretés comme d'autres les timbres ou les papillons». Charif Majdalani, cité dans Libération le jeudi 6 octobre 2005
Œuvres
Petit traité des mélanges, Du métissage culturel considéré comme un des beaux-arts, Editions Layali, Beyrouth, 2002, 107p
De A comme l'Affranchi Belley à Z comme Zénobie, en passant par le tarbouche, Salman Rushdie et les invasions barbares, Charif Majdalani propose une défense et illustration de l'impureté et du métissage culturel, entendus comme des moyens d'enrichissement du patrimoine de l'humanité
· Histoire de la grande maison, Editions du Seuil, 2005, 324p
Dans le Liban de la fin du XIXe siècle, un homme doit fuir son village à la suite d'une obscure querelle. Repartant de La Grande Maison la Première Guerre la Grande Maison
rien, Wakim Nassar, le proscrit, va créer dans les environs de Beyrouth, à force d'audace et de volonté, des plantations d'orangers, fonder une nombreuse famille, devenir un chef de clan, un « zaïm » craint et respecté.






